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                    Jacques Richard 

 

 

 

 

De la peinture comme résistance

 

Sur le style

 

Notes sur le dessin

 

 

 

Regard 

 

 

Qui se souvient de ce que j’étais, de celui que j’étais qui a fait ce que je suis, qui pourrait me le rappeler encore aux jours où je ne le sais plus. Il n’y a plus personne que de malveillant, étroit, jaloux, ou aimant. Aimer n’est pas regarder : l’amour plus que tout déforme le regard. Il n’y a jamais eu personne. Pour personne, quiconque qui puisse dire « tu es cela ». Trop loin ou trop près.

Nous cherchons dans le regard d’autrui des images de nous-mêmes. (Surtout tels que nous croyons être : nous récusons les images que nous ne trouvons pas conformes à celles que nous avons déjà fabriquées).

Toujours elles seront fausses parce que le miroir n’est pas plus fiable que ce qui se cherche en lui. Quelles images pouvons-nous bien avoir de nous-mêmes si le miroir est aussi peu fiable que ce qui s’y mire ? Le miroir lui-même est dans cette quête insatiable dont il espère l’issue dans le regard qu’il veut enfin posé sur lui.

Cela nous contraint à toutes sortes de représentations et, pour partielles et définitivement incertaines qu’elles soient, elles ont ce mérite que leur accumulation, leurs faisceaux croisés permettent d’approcher ce que nous appelons notre réalité. Même si une addition de subjectivités ne fait pas objectivité.

Cela me permet de continuer à penser que l’art reste quelque chose de très nécessaire dans notre vie de demi-cécité - parce qu’il est l’image même de ce regard en quête de lui-même. Parce qu’il est la seule réponse à peu près possible à cette recherche d’un regard sur moi-même où du vrai puisse se lire. Parce que la séduction qu’il exerce sur nous tient précisément à ce que nous voulons y voir une réponse à cette quête. Séduction parce qu’il offre la possibilité de façonner le miroir où nous voulons nous voir et qu’à ce compte, le seul vrai miroir de moi-même, c’est moi, ni plus ni moins tordu que quelqu’autre à quoi je hasarderais de m’offrir. Et ainsi, plus c’est faux - plus c’est de l’art - plus c’est vrai.

Les miroirs déformants de la Foire du Midi sont des objets métaphysiques.

 

2009

 

 

 

Travaux en cours

 

 

Nues

 

Série de portraits en pied.

 

Série lumière :

 

"Blanc"

 

 

 

 

Littérature

 

Aux Editions Albertine, Paris
 
Février 2010

 

Petit traître, récit

Mars 2012
 
A paraître
Miroirs, nouvelles